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    L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
    Il livre au hasard sombre une rude bataille.
    Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
    Car les petits enfants ont faim. Il part le soir,
    Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
    Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
    La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
    Remaillant les filets, préparant les hameçons,
    Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
    Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
    Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
    Il s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
    Dur labeur! tout est noir, tout est froid; rien ne luit.

     

     

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  • Les lilas et les roses

     

    O mois des floraisons mois des métamorphoses
    Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
    Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
    Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés

    Je n’oublierai jamais l’illusion tragique
    Le cortège les cris la foule et le soleil
    Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique
    L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles
    Le triomphe imprudent qui prime la querelle
    Le sang que préfigure en carmin le baiser
    Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
    Entourés de lilas par un peuple grisé

    Je n’oublierai jamais les jardins de la France
    Semblables aux missels des siècles disparus
    Ni le trouble des soirs l’énigme du silence
    Les roses tout le long du chemin parcouru
    Le démenti des fleurs au vent de la panique
    Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur
    Aux vélos délirants aux canons ironiques
    Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

    Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images
    Me ramène toujours au même point d’arrêt
    A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
    Une villa normande au bord de la forêt
    Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose
    On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu
    Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
    Et ni les deux amours que nous avons perdus

    Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
    Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues
    Et vous bouquets de la retraite roses tendres
    Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou

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  • Chanson gothique

     

    Belle épousée,
    J’aime tes pleurs !
    C’est la rosée
    Qui sied aux fleurs.

    Les belles choses
    N’ont qu’un printemps,
    Semons de roses
    Les pas du Temps !

    Soit brune ou blonde
    Faut-il choisir ?
    Le Dieu du monde,
    C’est le Plaisir.

     

    Gérard de Nerval, Odelettes

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    cadeau : un cluster premier mai  pour vos créations

     

    Cloches naïves du muguet,
    Carillonnez ! car voici Mai !

    Sous une averse de lumière,
    Les arbres chantent au verger,
    Et les graines du potager
    Sortent en riant de la terre.

    Carillonnez ! car voici Mai !
    Cloches naïves du muguet !

    Les yeux brillants, l'âme légère,
    Les fillettes s'en vont au bois
    Rejoindre les fées qui, déjà,
    Dansent en rond sur la bruyère.

    Carillonnez ! car voici Mai !
    Cloches naïves du muguet !

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